Histoire du monde

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Histoire du monde

Message  Arphyss le 16/1/2010, 14:18

Voici l'Histoire du monde telle que racontée par John Wilbur à la suite de ses travaux. C'est un assez bon résumé des connaissances partagées par tous les peuples du continent. le personnel de bord et moi-même espérons que nos voyageurs apprécieront ce voyage dans le passé et leur permettra de mieux se préparer au long voyage qui les attend vers notre destination. Certains passages ont pu être tronqués avec maladresse, si par malheur une incohérence apparaîtrait quelque part, votre serviteur se fera une joie d'éclaircir le sujet.


1. L'empire Rodéen, de la naissance à la chute.


A la fin du Grand Hiver, une période glaciaire de plusieurs siècles qui balaya toute trace de l'ère précédente, les communautés éparses et fermées sur elles-mêmes se regroupèrent et les thaumaturges, ces hommes qui avaient développé des pouvoirs psychiques à force de prières et de méditation, devinrent des sages écoutés de tous. Ils fondèrent ainsi la religion du Pentagode, à laquelle chacun devait son existence lors de l'hiver sans fin, et basé sur cinq principes ; le Devoir, le Travail, la Force, la Compassion et la Discipline. Bientôt le plus sage des prêtres de cette nouvelle religion devint le chef de tous les hommes d'Europe centrale. Son nom était Rodric, et sa vie ressemblait tant à celles de certains saints comptées par les prêtres que personne ne doutait de sa légitimité au pouvoir. Il fondit l'Empire Rodéen, et sous son règne l'humanité connut enfin un nouveau départ. Pendant un siècle les hommes reconstruisirent leurs cités et l'Empire assimila les communautés qui n'avaient pas encore été rassemblées sous son égide.

Mais le répit fut de courte durée. A force de s'étendre, le pouvoir central était de plus en plus difficile à maintenir dans les provinces frontalières. En 1475, la religion du Pentagode fut ébranlée par la découverte des peuplades du Nord, dont une délégation avait été envoyée depuis Ursia. De découvrir une autre race intelligente, les Klumpf, et d'apprendre qu'ils avaient eux aussi survécu à l'hiver sans fin en ignorant tout des cinq préceptes, cela jeta le doute parmi les fidèles. Mais les Urs amenèrent avec eux des connaissances en métallurgie et en médecine qui permit un essor technique très important pour l'Empire. Un autre fait que les prêtres du Pentagode cachèrent à la population fut que les shamans des tribus sauvages Tatanka semblaient eux aussi disposés à pratiquer la magie, et cela sans pour autant reconnaître les cinq principes.

D'autres événements creusèrent un peu plus la future tombe de l'Empire. Une terrible maladie ravagea le pays de 1462 à 1477, contre laquelle tous les pouvoirs des prêtres ne pouvaient rien. Une régence se mit en place dans les îles du sud car la glace qui les reliait au continent disparut en 1489. Les nomades Tatanka, qui vivaient sur le continent en toute liberté avant que l'Empire ne se forme, furent chassés de leurs terres et ceux qui refusèrent de partir furent parqués dans des réserves. Un de leur chef charismatique, nommé Etalon Furieux, rassembla plusieurs tribus et mena des raids de pillage sur les zones frontalières avec les steppes gelées, difficilement défendues par le lointain pouvoir central. La foi en l'église décroissait parmi la population, en proie au doute quant à la capacité du Pentagode à la défendre.

Les forgerons de l'Empire devinrent très habiles et créèrent de nombreux objets d'art d'une finesse subtile et des mécaniques complexes. On notera par exemple la première horloge à mouvement automatique en 1498, haute de 3 étages et mue par la force de l'eau. En 1502, les thaumaturges trouvèrent le moyen de stocker l'énergie nécessaire à l'élaboration des sorts dans un certain sel rouge – appelé scientifiquement thaumate de natrium - que l'on récoltait au bord des mers de l'ouest. Ainsi ils n'avaient plus à méditer longuement juste avant d'accomplir un sortilège ; ils leurs suffisaient désormais de se concentrer pendant une période de calme afin de charger le sel en thauma, et de puiser dedans le moment voulu pour réaliser l'effet désiré.

Le thaumate de natrium avait d'autres propriétés que simplement une réserve d'énergie magique. On constata bien vite que le procédé était instable, l'énergie se dissipait sous forme de chaleur au bout de quelques jours sans utilisation. De plus, une fois soumis à une contrainte mécanique constante, il entrait en résonance et se mettait à vibrer. Franz Sicherhand, un astucieux mécanicien d'alors, comprit qu'il tenait là une nouvelle forme d'énergie très facile à exploiter, mais le clergé voyait d'un mauvais œil que des non pratiquants exploitent la foi des prêtres enfermée dans le sel rouge. Mais comme certains sages donnèrent crédit aux recherches de Sicherhand, l'affaire n'alla pas plus loin.

Deux ans plus tard, en 1504, Sicherhand et ses collaborateurs mettent au point un petit chariot capable de se déplacer tout seul grâce à l'énergie thaumique. Ce n'était à peine qu'un jouet pour enfant, mais le Pentagode condamna immédiatement l'engin à la destruction par le feu. On ne pouvait pas permettre que des artisans bricoleurs se prennent pour des dieux en insufflant un semblant de vie à une machine. Sicherhand fut exécuté pour hérésie et ses collègues s'enfuirent.

Klaus Aadler était le plus doué des suivants de Sicherhand, et la mort de son maître le plongea dans une haine terrible envers les membres du clergé. Il rassembla les anciens collaborateurs du mécanicien et ensemble ils créèrent le premier warmec dans un atelier aménagé dans le sous-sol d'une auberge. Le monstre de métal aux formes humanoïdes était mû par l'énergie thaumique et était doué d'une conscience limitée mais très obéissante. Le patron de l'auberge qui avait loué les locaux se posait beaucoup de questions sur ce que mijotaient ces drôles d'étudiants dans son sous-sol. En les espionnant il découvrit leur terrifiante créature, et alla immédiatement tout rapporter au prêtre du village. Celui-ci envoya alors un détachement de moines-guerriers de la Force afin de purifier ces hérétiques de leur folie. Pour se défendre, Aadler et ses compagnons lâchèrent en pleine rue le warmec qui ravagea avec une facilité déconcertante les rangs des moines mal préparés.

L'action eut lieu en pleine journée, ce qui fait que de nombreux témoins assistèrent au massacre. La plupart furent horrifiés mais d'autres, qui avaient une foi plus fragile ou qui n'étaient plus satisfaits de l'église, y virent peut-être une solution. Ils se rangèrent aux côtés des artisans et du warmec, et ensemble en construisirent d'autres avant que l'église n'envoie des troupes plus importantes sur leur village. Aadler envoya ses associés dans les autres communes de la région afin d'y chercher d'autres partisans, et le vent de la révolte souffla sur toute la province. Une petite armée se forma, appuyée par la force impressionnante des nouveaux warmecs. Les premiers affrontements arrivèrent peu après, et la guerre civile éclata dans tout le pays. Même certains prêtres changèrent de camp, voyant dans les warmecs les nouveaux envoyés des dieux chargés de purifier la corruption au sein du clergé.

Pendant la guerre, les artisans continuèrent de travailler à leurs machines afin de les rendre plus puissantes encore. Mais les pertes humaines étaient très lourdes, et de nombreux hommes mutilés ne pouvaient plus combattre. Klaus Aadler fut lui-même grièvement blessé lors d'une charge de cavalerie lourde, son bras droit et une partie de son abdomen furent réduits en bouillie. Les mécaniciens eurent alors une idée un peu folle ; greffer à leur chef un membre mécanique, mû par les mêmes techniques que pour les warmecs. Avec l'aide des thaumaturges rebelles et de médecins, ils parvinrent à leur fin après trois jours d'intervention acharnée. Une fois remis de l'opération, Aadler reparut devant ses hommes alors que beaucoup le croyaient déjà mort, brandissant son poing de bronze et d'acier à la face du monde.

De nombreux soldats furent remis sur pieds grâce à cette technique, et dès lors la campagne d'Aadler eut un second souffle. En 1515, les deux camps avaient décidés de jeter toutes leurs forces dans le conflit. Une bataille monumentale opposa les deux armées. Klaus Aadler tomba à l'aube du neuvième jour des combats. Le lendemain, les deux armées étaient toutes deux quasiment anéanties. Les deux partis signèrent alors un accord qui mit fin à la guerre. Les prêtres du Pentagode accordèrent les terres du sud à leurs adversaires, qui acceptèrent en échange de cesser de combattre. Le nouveau pays se nomma Aadleron en l'honneur de leur libérateur, et le reste de l'Empire se rebaptisa Saint Royaume de Reinheim.


2. L'essort du royaume d'Aadleron après la chute de l'Empire


Après la grande bataille qui mit fin à l’Empire Uranien, les forces d’Aadleron replièrent leurs troupes dans leurs nouvelles frontières. Les militaires étaient devenus une force non négligeable et donc naturellement, ce fut eux qui prirent en charge la construction du pays. Les officiers supérieurs choisirent l’un de leur général, Hans von Hochburg, qui s’était particulièrement montré brillant lors de la guerre, pour assumer la tête de la nation. Les pleins pouvoirs lui furent conférés et il s’attela avec ferveur à son rôle.

L’une des premières mesures de Hans 1er fut d’envoyer des troupes sur les îles du sud pour les ramener dans le giron d’Aadlreon. Mais comme les troupes royales avaient été particulièrement mises à mal pendant la guerre, elles furent repoussées par la population insulaire. Les troupes continentales revinrent au pays la queue entre les jambes, et le roi fut contraint de cesser là toute action guerrière pour le moment.

Hans 1er était ferme mais juste. Il permit rapidement à Aadleron de se remettre sur pied. Les bâtiments détruits furent reconstruits et les blessés furent soignés. De grands chantiers mirent à contribution la force des warmecs pour bâtir ponts et routes en un temps record.

Les prêtres qui avaient changés de camp pendant la guerre mirent leur foi à contribution pour entretenir les machines, qu’ils considéraient véritablement comme des incarnations divines. Comme Hans 1er était ingénieur aux côtés d’Aadler et de Sicherhand avant sa carrière militaire, il épousa cette nouvelle croyance et en fit la religion officielle du pays. Le Culte de la Machine, dans laquelle chaque être aussi insignifiant qu’il soit en est un rouage, se rependit sans difficulté dans le royaume, mais sans dominer la vie des gens comme le faisait le Pentagode.

Les warmecs avaient une grande importance dans le royaume ; force ouvrière et militaire, représentation divine et serviteurs dociles. Les prêtres estimèrent que les avatars de la Machine ne devaient pas être utilisés à tors et à travers, et donc imposèrent des limitations sur leur production. En effet, trop de warmecs impliqueraient une augmentation radicale de l’utilisation du thaumate de natrium, ce qui épuiserait les faibles revenus du royaume autant que l’énergie des prêtres. La plupart des warmecs de combat furent donc mis en sommeil et stockés dans les temples du culte comme des reliques sacrées. On ne construit alors que des mecs de chantier (farmecs) et autres petits mecs pour les tâches domestiques (domecs) des aristocrates du Royaume.

Le royaume d’Aadleron avait du mal à subvenir à ses besoins par lui-même. Le savoir-faire des prothèses assistées faisait rentrer des dividendes importants mais malheureusement coûtait également très cher à mettre en œuvre. Heureusement, les artisans d’Aadleron étaient très doués et firent commerce de nombreux objets assistés thaumiquement qui firent la joie des nobles étrangers. Ce genre de produits étaient là aussi très chers à produire et n’intéressaient que les clients fortunés, ce qui fait que la majorité des habitants d’Aadleron ne vivaient pas aussi bien qu’ils auraient pu l’espérer. Les efforts financiers fournis pour l’armée, principalement pour se protéger de la menace de Reinheim et pour tester les défenses d’Aven, n’arrangèrent pas non plus les caisses du royaume.

En 1584 sous le règne de Peter 2ème, arrière petit-fils de Hans 1er, eut lieu une première révolte des ouvriers et paysans. Le jeune roi, alors âgé de seulement 16 ans, décide d’envoyer l’armée mâter la plèbe, sans pour autant user des warmecs. Les agitateurs furent massacrés et la révolte prit fin. Néanmoins la colère grondait au sein du royaume. Deux ans plus tard, lors de la cérémonie d’accession à la majorité du souverain, des terroristes dissimulés dans l’assistance tuèrent le roi en le criblant de carreaux d’arbalète, et furent immédiatement arrêtés par les gardes prétoriens. Mais la foule à l’extérieur du palais, galvanisée par des complices de l’attentat, pénétra à son tour dans l’enceinte et s’en suivit une bataille sauvage à coups d’armes improvisées.

Les fortes pertes des deux côtés menèrent les deux camps à se mettre d’accord. Les bourgeois et les aristocrates tenaient à garder les rennes, mais les artisans voulaient plus de pouvoir quant aux décisions commerciales. Ainsi Un nouveau roi fut nommé parmi les cousins du défunt souverain, et un système de guildes fut mis en place afin que chaque corps de métier soit représenté officiellement à la nouvelle chambre du commerce. On ouvrit plus les frontières aux trafics vers l’extérieur, grâce surtout au nouveau pays commerçant de la Chaîne des Cités Franches qui s’occupa de faire l’intermédiaire avec le Saint Royaume de Reinheim.

Grâce à la mise en place des guildes, l’économie du royaume se porta nettement mieux. Certains trouvèrent à redire des lourdeurs administratives liées au système, mais comme le pays prospérait les mauvaises langues se turent.

En 1654, le techno-prêtre Dieter Weisheit fit une découverte saisissante. Alors qu’il travaillait très tard sur un nouveau modèle de prothèse mécaniquement assistée, il mélangea certaines pièces de commande avec celles d’un ancien projet de domec. Il en résultat que la prothèse en question pouvait être utilisée indépendamment des membres intacts du prêtre, après un certain temps d’entraînement et de concentration. La technique ne différait pas beaucoup du contrôle des prothèses classiques, mais celle-ci n'était pas reliée à un moignon de membre contenant encore des terminaisons nerveuses, mais était bien 100% indépendante. Seul un prêtre pouvait la contrôler par contre, l'effort de concentration étant trop important pour un non-thaumaturge.

Suite à une grande famine qui ravagea le pays en hiver 1683, le roi Fritz 9e décida de réactiver les warmecs et de partir en campagne contre leur voisin du Saint royaume de Reinheim, histoire de relancer l'industrie et d'amasser quelque butin de guerre. La campagne fut très efficace au début, les attaques surprises sur plusieurs fronts prirent au dépourvu la Main du Pentagode. Le conflit dura cinq années, pendant lesquels les deux royaumes se déchirèrent sauvagement pour quelques kilomètres de terrain. La guerre se termina aussi brutalement qu'elle avait commencé, et Aadleron pu étendre sensiblement ses frontières sur celles de son voisin, gagnant ainsi quelques terres fertiles.

Les ingénieurs d'Aven mettent au point le premier moteur à vapeur en 1705. Dix ans plus tard, les artisans aadleronnais parviennent à intégrer la puissance de la vapeur à leurs warmecs et aux prothèses assistées, leur conférant ainsi un surcroît de puissance non négligeable. Le roi Fritz 10e décide de profiter de la situation pour relancer la guerre contre Reinheim, et cette fois le conflit fut bien plus bref et plus efficace. En fait, l'armée d'Aadleron ne fut stoppée que par certaines frontières naturelles, comme des chaînes de montagnes et des grands fleuves, sinon peut-être aurait-elle totalement envahit le Saint Royaume. Reinheim se rendit à l'envahisseur et lui laissa une grande portion de terres, dont un accès aux Grands Lacs Salés du Nord, lui permettant ainsi de récolter du thaumate de natrium pour son propre compte.

Grâce à cette conquête, Aadleron n'eut plus besoin d'empiéter sur ses voisins pour subvenir à ses propres besoins. Le commerce allait bon train grâce aux marchands de la Chaîne, et malgré la concurrence nouvelle d'Aven en matière de machines et de technologie, le royaume d'Aadleron continua de prospérer. Néanmoins, il suffirait qu'un nouveau despote arrive sur le trône pour que la grande armée mécanisée se remette en marche, et nul n'aimera alors être sur son chemin.

Actualité

Le peuple d'Aadleron est rude et orgueilleux. Ses habitants aiment la bonne chair et les récits héroïques des batailles passées. Ils sont enclin à s'énerver facilement et sont très fiers de leur pays, le considérant comme le meilleur de tous. La mode est aux manteaux frangés de boutons ou de brandebourgs et chapeaux ou tricornes pour les hommes, aux grandes robes à ballerines pour les dames. Les artisans préfèrent quant à eux arborer leurs habits de travail en toute circonstance afin de mettre leur appartenance à leur guilde ; tabliers, masques de cuir et sacoches à outils sont monnaies courantes. Les techno-prêtres du Culte de la Machine sont vêtus de robes austères taillées dans un tissu bleu solide, capable de résister aux conditions d'un atelier.

Le roi actuel est Hans 12e, descendant en ligne direct de Fritz 10e. C'est un digne représentant de son peuple, fier et orgueilleux, soucieux de redonner à son pays une image de conquérant. Il est également évêque du Culte de la Machine, c'est un techno-prêtre doué dans tous les domaines. Il est actuellement âgé de 67 ans et a toujours toute sa tête, c'est un record parmi les souverains du royaume. Il ne fait d'ailleurs pas son âge et continue de courir les femmes de la court, la rumeur prétend qu'il aurait trouvé un moyen de prolonger sa vie grâces aux machines.



3. L'indépendance d'Aven au service de la science


Patrie des plus grands cerveaux de son époque, Aven est un modèle de modernité et de technologie au service de l’homme. Tout d’abord province de l’Empire Uranien, la subite fonte des glaces de 1489 lui donna tout d’abord un statut particulier en séparant ses îles du reste de la nation. Le pouvoir impérial décida de mettre en place une régence afin d’y gérer ses affaires sans avoir sans cesse à traverser le bras de mer nouvellement apparu. Le régent devait être membre de la noblesse impériale mais également natif des îles, pour d’une part ne pas avoir à délaisser sa famille sur le continent, et d’autre part pour que la population lui témoigne plus de respect.

Ainsi le premier et seul régent fut Lord Robert Landshire II, qui était le seul noble de la lignée impériale à avoir vu le jour sur les îles. Féru de sciences bien plus que de politique, il encouragea très vite l’éducation des enfants et le développement de la culture au sein de la population. Il entreprit le lancement de nombreux chantiers d’aménagement du territoire, dont d’impressionnants ponts reliant les deux îles principales, et la construction d’une gigantesque horloge vite baptisée Big Bob en plein cœur de son fief.
Comme le clergé n’avait que très peu d’emprise sur ces terres isolées, Lord Landshire n’opposa aucune restriction aux savants lors du conflit découlant de l’invention des warmecs. De nombreux chercheurs et quelques thaumaturges se réfugièrent d’ailleurs dans les îles afin de fuir plus facilement l’inquisition du Pentagode.

En juin 1515, un coup d’état orchestré par Klaus Aadler mit un point final à l’Empire Uranien. Une grande bataille opposant ses partisans au clergé du Pentagode acheva la scission de l’Empire en août. Robert II profita de la situation pour déclarer ses terres indépendantes du continent. Les troupes du nouveau royaume d’Aadleron débarquèrent sur les îles afin de les ramener à la raison par la force, mais furent accueillies par la population entière qui avait pris les armes pour défendre sa nouvelle patrie. Malgré l’appui des quelques warmecs détachés pour l’occasion, les continentaux furent repoussés à la mer.
Emu par la force de caractère et le patriotisme de ses concitoyens, Lord Landshire décida de remettre une partie du pouvoir entre leurs mains. Ainsi les Isles Indépendantes, comme elles furent nommées alors, se dotèrent-elles tout d’abord d’une monarchie constitutionnelle.
Le fils de Robert II, William Landshire, lui succéda à sa mort. Il perpétua l’œuvre de son père en terminant les grands chantiers et continua à promouvoir les sciences. Il lança un nouveau projet qu’il ne put voir achevé de son vivant, à savoir une ligne de défense côtière qui entoure encore de nos jours la totalité des îles d’Aven, afin de se prémunir contre toute tentative d’invasion.

Pendant un siècle, les Isles Indépendantes restèrent à l’écart du monde. Les différents monarques qui succédèrent à William durent consolider l’indépendance des îles, privées du soutien financier de l’ancien Empire Uranien. En 1569, les navires de la jeune Chaîne des Cités Franches arrivèrent sur les côtes des Isles Indépendantes et ouvrirent une voie commerciale.

En 1615, un savant du nom de Solmon Caught fit une découverte majeure en se brûlant avec sa théière : la force de la vapeur. La première invention exploitable fut une casserole à haute vitesse de cuisson, qui fit le bonheur des femmes du pays. Grâce à l'argent de sa première invention, Caught eut assez de fond pour poursuivre ses recherches. Il développa plus tard le premier piston, un énorme cylindre de métal capable de soulever des charges monumentales, mais malheureusement trop volumineux pour être lui-même déplacé. Néanmoins sa découverte mit en émoi le monde scientifique, trop heureux de découvrir une énergie plus stable, puissante et compréhensible que le thauma.
Quelques années plus tard, en 1624, la population était en rage face au souverain du moment, Ronald MacGoof. Celui-ci, à l'encontre de tous ses prédécesseurs, avait des désirs de conquête. Les charges qui pesaient sur les ouvriers forgerons et les taxes nécessaires aux ambitions mégalomanes du despote signèrent son arrêt de mort ; le peuple se révolta et renversa le monarque. De nombreux spécialistes furent alors consultés pour permettre de mettre en place un nouveau système politique. Il fut décidé alors que le futur souverain serait élu à la majorité absolue, et que celui-ci serait destituable à volonté si le peuple jugeait ses actions contre le bien du pays.
Cet évènement, ajouté aux progrès techniques et à l'augmentation du niveau de vie des habitants grâce au commerce via les navires des Cités Franches, marquait l'entrée dans une nouvelle époque d'avenir. C'est ainsi qui la nation fut rebaptisé Aven.
On notera que le règne de MacGoof eut tout de même comme avantage d'accroître encore le potentiel industriel de la nation en multipliant les ateliers et les chaînes de montage.

Un des évènements les plus marquants de l'histoire d'Aven eut lieu en 1705. Deux cousins, Paul Newcommer et Joseph Crowley, inventèrent le premier moteur à vapeur. Celui-ci était énorme, prêt de quinze pieds de haut et de large, et était monté sur un châssis tout aussi monumental lui permettant de se déplacer. Les deux inventeurs firent le tour de Victopia, la capitale, sur leur terrible engin crachant une fumée noire dans un bruit d'enfer, et provoquèrent l'admiration des habitants. Les marchands de la Chaîne proposèrent de racheter le prototype pour une petite fortune, et les deux inventeurs acceptèrent. Ils gardèrent néanmoins tous les plans, pensant que les marchands ne pourraient pas reproduire leur machines sans eux.

33 ans plus tard, la Chaîne construisit le premier bateau à vapeur, machinerie des plus imposantes, alors que les cousins Newcommer et Crowley peaufinaient la réduction en taille de leurs inventions. En 1741 ils parvinrent à construire des moteurs à vapeurs transportables par l'homme, et permettèrent ainsi le développement de nombreux outils et appareils en tout genre. Crowley décédera néanmoins peu de temps après dans l'explosion d'un prototype de scaphandre assisté, et Newcommer le suivra quelques mois à peine emporté par une fièvre fulgurante.

1765. le jeune Alexander Walt était alors en voyage d'étude anthropologique dans les steppes du nord afin d'étudier les rites des tribus Tatanka qui suivent la voie du Lynx. Complètement perdu et à bout de ressources, il se réfugia dans un abri sous roche et y trouva, à demi enterrée, un étrange coffret scellé qui portait l'inscription Zeitkapsùl. Il découvrit à l'intérieur une poignée d'objets insolites ; un journal qui se décomposa dès qu'il tenta de l'ouvrir, quelques biscuits secs comme de la pierre qui lui permirent malgré tout de survivre, des pièces d'une monnaie inconnue portant la date insolite de 1981, une paire de boucles d'oreille en plastique vert transparent en forme d'étoiles qu'il troqua plus tard avec les nomades contre de la nourriture, une couverture et une femme, et enfin un cube mystérieux aux facettes couvertes chacune de neuf carrés de six couleurs différentes.
Mais le plus curieux, et surtout le plus important de ces objets, était une sorte de paire de jumelles rouges dans lesquelles était enchâssé un disque portant de minuscules images. Quand Walt porta l'appareil à ses yeux, il y vit les images de machineries complexes complètement ahurissantes. N'étant qu'un étudiant, il montra l'appareil à ses professeurs une fois revenu de ses périples. Ses professeurs réussirent à reproduire l'une d'elles, un empilement de rondelles de cuivre, de zinc et de tissu imbibé de saumure, produisant ainsi la première pile waltaïque, du nom de son découvreur.
Bien plus tard, Walt continua ses voyages mais resta toujours troublé par sa découverte. Il déclara un jour dans le Victopian Post qu'il avait compris le fin mot de l'histoire ; après de nombreuses études linguistiques, il découvrit que Zeitkapsùl était un dérivé d'un dialecte parlé en Aadleron et qu'il signifiait "capsule de temps". Il en déduisit donc que nos futurs arrière-arrière-arrière-petits-enfants auraient trouvé le moyen de voyager dans le temps et auraient envoyé dans le passé des objets afin d'accélérer notre développement scientifique actuel. La date retrouvée sur les pièces de monnaie corroborerait cette hypothèse fantasque. Le monde scientifique tourna alors le dos à Walt, mais de nombreux auteurs de roman fantaisistes s'inspirèrent par la suite de ses déclarations.

Le chantier du Chemin de Fer de la Chaîne s'achèva en 1773. Les Cités Franches relièrent enfin économiquement Aven avec son opposé géographique et concurrent technique, le CURSC, tout en se remplissant les poches au passage. Le commerce de l'armement devint très important, les armes à feu ursiennes se voyant très vite améliorées par la vapeur avenéenne. Le conflit qui s'étendait au cœur du monde ne faisait que s'accroître, indirectement à cause de la nation pacifiste d'Aven. Le Gouvernement de celle-ci décida alors de mettre sur pied une brigade d'intervention lourdement armée, qui servira à la cause humanitaire en protégeant les civils et les minorités accablées par la guerre. Cette force d'interposition agira comme tampon afin de permettre aux diplomates avenéens d'appuyer leurs arguments face aux belligérants. Ainsi furent créés les Panaches Bleus, nom donné à cause des plumes azures qu'ils arborent à leurs casques.

Actualité

Les avenéens sont des gens raisonnables et pragmatiques. Ils sont flegmatiques en toutes circonstances, ce qui est devenu proverbial. Ils ont développé un humour très particulier, et comme ils le disent eux-mêmes : « on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde ». La mode actuelle est à la redingote en queue-de-pie et au haut-de-forme pour les hommes, aux grandes robes à dentelles pour les dames. Toute personne qui peut se le permettre arbore un gadget technologique quelconque, de la montre aux jumelles en passant par la chaudière portative qui permet d’alimenter en énergie d’autres merveilles.

Le mode de gouvernement est la Présidence monarchique. Le souverain mis en place par votation choisit ses ministres. En général le roi ne se mêle que très peu des affaires politiques, mais peut à tout moment opposé son véto à une décision du gouvernement. La souveraine actuelle est Elzebeth Ière, de la lignée des Highbridge. Elle est très aimée du peuple et a une grande passion pour les œuvres de charité. La capitale est toujours Victopia, où siège le gouvernement.

De nombreuses automotives et autres moyens de transports assistés parcourent les axes du pays, à tel point qu’une campagne de rénovation des routes a été lancée depuis peu pour subvenir aux nouveaux besoins. Grâce à la découverte de l’électricité, un réseau de télégraphe a vu récemment le jour et permet aux avenéens de communiquer très rapidement.

Une mode nouvelle ramène le mysticisme sur le devant de la scène. Astrologues, spirits et médiums font la joie de la petite bourgeoisie en mal de sensations fortes. Il y a autant de charlatans que de véritables thaumaturges parmi eux, et les séances de spiritisme et autres tables tournantes ont démontrés des aspects intéressant de l’interaction du thauma avec les appareillages technologiques. Une société secrète tenterait de saboter les grandes installations techniques et les centrales d’énergie afin de ramener la magie à son niveau optimal, et de renverser le gouvernement.



4. Le Saint Royaume de Reinheim depuis l'Empire Rodéen


Reinheim est issu des restes loyalistes de l'Empire Rodéen à la suite de la grande bataille de 1515. Depuis cette époque, le pays des cinq préceptes n'a pas beaucoup évolué. Le conflit qui opposait le royaume aux partisans d'Aadler n'a fait que renforcer la foi de ses citoyens, car il mit en lumière la folie des hommes qui s'éloignaient du Pentagode.

Le Saint Royaume est dirigé par un concile de cinq membres, appelé la Main. Chaque membre est garant d'un des cinq principes.

L'ordre du Devoir s'occupe d'édicter les questions juridiques et les droits et devoirs des citoyens. Il veille également à la bonne marche de la hiérarchie au sein de l'église. Ses prêtres sont les dirigeants des paroisses et des diocèses : les évêques sont les responsables régionaux, les chanoines sont les responsables communaux.

L'ordre de la Discipline est l'organe de justice, il veille à l'application des lois. Parmi ses membres, on compte les juges, les bourreaux, et les redoutés inquisiteurs qui veillent à dépister toute hérésie dans le royaume. Au sein de Reinheim, la justice est celle des cinq principes, tout manquement à ceux-ci est sanctionné. Un accusé peut toujours se faire représenter par un avocat. Mais si une sentence est prononcée elle s'applique aussi bien à lui qu'à son client, car il est coupable de complicité.

L'ordre de la Force dirige l'armée du pays. Ses prêtres sont les officiers des soldats qui s'occupent du travail de police en Reinheim. Les plus représentatifs de ses membres sont les moines-guerriers de la Force, un ordre de chevalerie rompu autant à la maîtrise du thauma que des arts de la guerre. Ces soldats vivent en monastères, observent une vie de piété et de dénuement afin d'améliorer leurs aptitudes thaumaturgiques. Ils sont les défenseurs des faibles, et ne vivent que pour tomber en martyres de l'église.

L'ordre du Travail pose les limites acceptables pour les artisans, veille au partage du savoir de ceux-ci et fixe les taxes d'imposition en fonction des corps de travail. Il est subdivisé en cinq corps de métiers ; les paysans, les forgerons, les tisserands, les artistes et les métiers de bouches, qui regroupe les boulangers, bouchers, cuisiniers etc. Les moines-scribes du travail s'occupent de compulser les archives du Royaume.

L'ordre de la Compassion s'occupe de la foi des fidèles. Ses prêtres prononcent les sermons, tiennent les messes, recueillent les confessions, dirigent les cérémonies. Les clercs de la Compassion sont également les médecins du pays.

Ainsi, dans chaque village du pays on compte au moins un représentant de chaque ordre. Les plus fervents croyants prient cinq fois par jour ; à Prime au lever du soleil, à Seconde vers 9h, à Tierce à midi, à Quarte vers 15h, et à Quinte au couché du soleil. La prière ne doit pas se faire au détriment du travail de chacun, aussi il est permis de prier en travaillant. La prière la plus courante est le Quintis Praeceptis Patri, ou Pères des cinq préceptes, appelé couramment Quintis ;

Pères des cinq principes,
Que votre existence soit bénie,
Que votre sagesse nous éclaire
Dans nos cœurs et dans nos vies.
Notre devoir est de vous servir,
Notre travail et notre discipline sont les bras de votre volonté.
Donnez-nous la force et la compassion,
Protégez-nous de la tentation,
Et délivrez-nous du mal,
Car c'est à vous qu'appartient de régner dans la gloire pour les siècles des siècles.
Ainsi soit-il.


Le pays est l'un des plus grands du continent. Il regorge de matières premières, et comme le Royaume n'a pas l'intention de se développer industriellement ces ressources restent peu exploitées, si ce n'est pour le commerce extérieur. En outre, le pays est le principal producteur du thaumate de natrium, le sel rouge qui permet le stockage du thauma.

Les prêtres de la Compassion essaient en vain de convertir les sauvages Tatanka au Pentagode, mais ceux-ci n'acceptent d'écouter les hommes d'église que pour se procurer le pain et les couvertures qu'ils veulent bien leur donner.

Les artisans de Reinheim restent de très doués. Leurs armures sont particulièrement efficaces et confortables, même si elles ne parviennent pas à arrêter une balle de fusil. Néanmoins les ingénieurs reinheimer ont développés des boucliers lourds derrière lesquels les chevaliers les plus endurcis peuvent encaisser les salves des pelotons adverses, mais leur poids est un handicap au combat rapproché.

La nation compte tout de même d’excellents horlogers capables de faire fonctionner des instruments divers grâce au thaumate rouge. Le Pentagode autorise en effet le développement technique tant que celui-ci ne devient pas trop autonome. Les véhicules à entraînement automatique, tel que trains, automotives et bateaux à vapeur, sont par exemple mal vus car ils ne nécessitent aucun effort de la part des gens transportés. Les appareils mus par thauma sont autorisés en partie car ils nécessitent un acte de foi pour être rechargés.

La ressource principale du pays reste sa population, et l'église peut compter sur la foi de ses fidèles pour aligner des rangs interminables de soldats fanatiques. Ceci compense leur faiblesse technologique et explique pourquoi le Saint Royaume n'est toujours pas tombé face à son voisin et principal adversaire, Aadleron. De plus, les prêtres du Pentagode restent les meilleurs thaumaturges du monde grâce à la discipline de fer qu'ils s'infligent.



5. La Chaîne des Cités-Franches, commerce et complots


A l’origine, les Citées-Franches appartenaient au Saint Royaume de Reinheim. Mais étant séparées du reste du pays par une chaîne de montagnes, la gestion de ces provinces côtières a toujours posé problème pour la Main du Pentagode.

Les membres de la noblesse des Cités se disputaient depuis longtemps les ressources et le pouvoir disponible de ce côté-là des montagnes. Une longue tradition de coups bas et de traîtrises organisées se perpétuait afin de mettre à la tête des villes tel ou tel personnalité, tant et si bien que l’autorité religieuse, toujours présente, se fit lentement mais sûrement reléguée au second plan. La plupart des membres du Pentagode restaient bien entendu en fonction, mais soit c’était des hommes de paille, soit ils étaient corrompus jusqu’à l’os.

La grande force de ces provinces était leur accès à la mer. De nombreux petits navires permettaient déjà à l’époque le transport des marchandises dans les différents ports de la province.

Le projet de construction d’une grande flotte avait tout d’abord été décidé en 1520 par le clergé lui-même, afin de permettre à la province de communiquer plus facilement avec le reste du Royaume et du continent, étant donné que la voie terrestre disponible se retrouvait sur les terres d’Aadleron. Il fallut une douzaine d’année pour achever le chantier, et les dirigeants des cités s’empressèrent de rentabiliser les coûts de construction en faisant largement commerce avec leurs voisins et leurs ennemis du passé. Bien entendu, une petite partie des recettes était reversée au clergé, mais les bénéfices remplirent surtout les poches des nobles et leur permirent encore plus de corrompre les prêtres en place dans la province.

La Main du Pentagode s’interrogea sur le peu de finances qui lui revenait de cette campagne maritime. Elle envoya des représentants de l’autre côté des montagnes pour enquêter. Les représentants de la Main furent choqués de voir à quel point les Cinq Préceptes étaient pris à la légère dans la région côtière, et surtout de la part des représentants du clergé eux-mêmes. En effet, à force de luxe et de responsabilités déléguées, les prêtres de la province avaient perdu tout intérêt pour la gestion du pays.

S’inquiétant des réactions du pouvoir central, les nobles prirent les devant et envoyèrent en retour des négociateurs au Saint Siège afin de gagner leur indépendance. A l’aide de la fortune colossale qu’ils avaient emmagasinée en peu de temps, ils parvinrent à signer un traité avec le Pentagode en 1568, rachetèrent la majorité de la flotte du Saint Royaume. La Chaîne des Cités-Franches était née.

Ce fut une grande célébration dans tout le pays, car les artisans et les artistes de cette province se sentaient bien trop limités par les principes rigides de la religion du Pentagode. Mais les nobles ne parvinrent pas à s’entendre sur le nouveau mode de gouvernement à adopter pour diriger la jeune nation. S’en suivit une guerre civile entre les villes principales. Le conflit pris fin en 1570, les dirigeants réussirent à se mettre d’accord ; chaque grande cité serait gouvernée de façon autonome, et les maîtres de chaque cité se réuniraient quatre fois dans l’année afin de prendre les décisions concernant l’ensemble du pays. Ainsi chaque noble avait les mains libres pour administrer son duché comme il l’entendait, et cela permettait ainsi de stimuler l’économie grâce à une farouche mais saine concurrence entre les grandes cités.

La Chaîne put donc reprendre son commerce florissant. Privé des ressources de Reinheim, les marchands durent compenser et aller chercher celles-ci dans les autres pays. Ils devinrent vite les indispensables intermédiaires et convoyeurs de marchandises entre les pays qui ne s’entendaient pas – Aadleron et Reinheim pour ne citer qu’eux – et ceux trop éloignés les uns des autres, comme les Isles Indépendantes et Ursia.

Les marins des Cités-Franches gagnèrent en expérience. En 1623, le navigateur Marco Stretto entreprit de traverser la mer et d’explorer le méconnu continent voisin. Il y rencontra les sauvages populations à la peau sombre qui y vivent et fit commerce avec elles.

Le port du masque est un symbole de rang social et de richesse dans un pays hautement dominé par l’argent et le commerce. Personne ne retire son masque en public, cela équivaudrait à se montrer nu devant tout le monde dans une autre culture. Lorsqu’une personne meurt, on conserve désormais son masque qui est accroché dans la demeure de la famille comme une relique, un hommage aux ancêtres. Le corps du défunt est systématiquement brûlé. Seul les habitants de la Chaîne connaissent l'origine de ces coutumes.

En 1705, Aven mit au point le premier moteur à vapeur. Flairant immédiatement le potentiel d’une telle découverte, les marchands des Cités-Franches rachetèrent pour une petite fortune le prototype à ses deux inventeurs. Les ingénieurs de la Chaîne parvinrent difficilement à reproduire l’appareil, et le résultat était trop volumineux alors pour permettre de construire d’autres véhicules terrestres. Néanmoins ils utilisèrent leurs nouvelles connaissances pour construire de nouveaux navires plus rapides et enfin moins soumis aux caprices du vent. Le premier navire à vapeur à prendre le large fut le célèbre Donna Vincenzina, en 1738.

Le succès des navires à vapeur dopa une fois de plus les recettes des marchands de la Chaîne, qui purent dès lors livrer des marchandises périssables dans des temps record. Néanmoins, certains marchés restaient inaccessibles aux Citées-Franches, n’ayant pas d’accès direct à la mer. Pour remédier au problème, les scientifiques de la Chaîne eurent l’idée de mettre au point un véhicule de grande puissance capable de se déplacer sur terre. N’ayant pas accès aux techniques de miniaturisation des moteurs développées par Aven pour leurs automotives, les ingénieurs francs-citadins durent se contenter des moteurs de bateau qu’ils avaient déjà. L’infrastructure nécessaire pour déplacer ce genre de machine sur terre nécessita de construire une véritable route de fer, une voie constituée de rails passant les obstacles et éliminant l’irrégularité de la route.

Les ducs réussirent à convaincre les différents pays du bienfait qu’apporterait leur voie ferrée à tout le monde. Avec l’accord des gouvernements et une partie de leur financement, la Chaîne des Cités-Franches commença la construction du chemin de fer qui traverse tout le continent et relie définitivement toutes les nations économiquement. La voie fut inaugurée en 1773. Le train qui y circule encore est tellement imposant qu’il transporte avec lui l’équivalent d’une ville entière, avec son comptant d’artisans, marchands, et soldats pour défendre le convoi. Cette ville itinérante, Ferrovia, devint une nouvelle Cité-Franche de la Chaîne.



6. CURSC, l'ours du Nord


On connait mal le passé du CURSC. On sait juste qu'ils ont survécu à la Grande Catastrophe en vivant sous terre, ce qui explique peut-être la proportion de nains au sein du pays, appelés Klumpf chez eux et qui signifie "durs à la tâche".

En 1475, Une expédition fut lancée au travers des steppes pour aller à la rencontre le reste du monde, tant les Urs avaient soif de découvertes. Cette entreprise était essentiellement constituée de Klumpf épris de liberté et de scientifiques. C'est ainsi qu'Ursia se fit connaître du tout jeune empire Rodéen. Les Klumpf de l'expédition se sentirent d'ailleurs valorisés, car ils ne suscitaient pas de la moquerie comme dans leur nation d'origine mais seulement une certaine curiosité. D'autres missions furent lancées, durant lesquelles les Urs partagèrent certaines connaissances scientifiques qu'ils avaient conservées dans leurs abris et qu'ils considéraient comme des choses élémentaires, alors que les impériaux y voyaient des trésors de connaissance inestimables. Les Gardien de Ursia, alors la caste dirigeante du pays, le comprirent très vite et mirent le holà sur ces échanges, car la connaissance était source de pouvoir pour eux. Néanmoins Ursia contribua énormément à l'essor de l'empire dans les domaines de la métallurgie et de la médecine par ce biais.

Une trentaine d'années plus tard, l'empire Rodéen est déchiré. Les Gardiens considèrent que si leurs sujets n'avaient pas dilapidé leurs connaissances à des étrangers le conflit n'aurait pas éclaté, ce qui n'est pas complètement faux. Ils décidèrent donc de couper les ponts avec le reste du continent, ceci également pour éviter des répercussions de la guerre sur leur territoire. Pour montrer l'exemple, les Klumpf furent persécutés et traités en esclaves. Des sang-mêlé arrivèrent à dissimuler leurs origines en se mêlant à la population libre.

Dégagés de toute éthique, les alchimistes et généticiens de race humaines eurent le champ libre pour expérimenter certaines théories sur des cobayes Klumpf, plus résistants que leurs cousins. Ils réussirent à isoler certains gènes intéressants pour ensuite les inculquer à d'autres sujets, et obtinrent des résultats aussi surprenants qu'instables. Comme il a été mentionné plus haut, les Gardiens veillaient à la conservation du savoir. Hors ils conservaient ainsi religieusement et en secret certains ouvrages et autres documents de l'ère perdue, dont ils distillaient parcimonieusement le contenu afin de garder un certain pouvoir sur la population. Grâce à certains textes, ils aidèrent leurs chercheurs à améliorer leurs techniques et ainsi arriver à stabiliser les mutations génétiques. Néanmoins, de nombreux effets secondaires subsistaient, car même avant la Grande Catastrophe certains procédés complexes de la biochimie n'avaient pas été maitrisés.

En février 1644, après un hiver des plus rudes, la population commençait à montrer des signes d'animosité envers les Gardiens. Coordonnés grâce aux résistants, les esclaves des différents camps décidèrent de cesser le travail, et certains travailleurs libres se mirent en grève. Des affrontements avec les forces de police secouèrent les rues de la capitale, Kuglov. Les Gardiens réagirent de façon sanglante et massacrèrent les mutins. Le calme revint pour un temps, mais la population était désormais unie face aux dirigeants.

Les servants de laboratoire réussirent à sortir en douce quelques fusils, qui furent très vite dupliqués et améliorés par les résistants et les ouvriers libres. Une opération commando menée par le Klumpf Vladimir Kemlin fut lancée contre le palais des Gardiens, en passant par des galeries souterraines datant de l'époque des abris.

Les dirigeants furent obligés d'abdiquer. Un système de gouvernement provisoire fut mis en place afin d'éviter que le pays ne sombre dans le chaos de la guerre civile.

En octobre 1644, le pays était à nouveau uni, les différentes provinces ralliées au pouvoir central. Les derniers partisans des Gardiens furent abattus. La nation se rebaptisa CURSC, Coalition Ursienne des Républiques Sociales et Communes, et la capitale Kemlingrad. Le nouveau mot d'ordre était l'égalité entre les races et les classes, et la suppression des privilèges individuels.

Les Urs utilisent néanmoins une espèce humanoïde blafarde et imberbe ouvertement comme bêtes de somme, ouvriers pour les tâches très difficiles et autres travaux qu'aucun homme ne pourrait accomplir sans une aide mécanique, mais jamais comme soldats. Il est devenu normal de voir ces êtres étranges et silencieux accompagner les gens du Nord, et personne n'a jamais tenté de s'y frotter. Ils restent cependant une énigme pour tout le monde, car les Urs refusent de révéler d'où ils viennent et pourquoi ils sont si serviles.

Actualité

Il n’y a pas vraiment de mode vestimentaire en Ursia. Les gens s’habillent pratique, manteaux et toques de fourrure pour résister à la rudesse du climat. Les divers scientifiques gardent en permanence leur blouse de travail pour bien montrer à tout le monde leur rang important. La majorité des hommes et des Klumpf portent la barbe.

Le gouvernement est de type communiste totalitaire. Les différents représentants des corps de métier respectifs forment le parti dirigeant, qui élie à son tour les chefs du gouvernement.

Les grandes spécialités du pays sont l'alchimie et la biologie. Ils produisirent les premiers les armes à feu utilisant la poudre à canon, qui sont parfois améliorés par la vapeur. Ils savent préparer drogues et remèdes, et sont très doués en médecine et en greffe d'organes, même si cette pratique est souvent condamnée par les autres pays car nécessite forcément de se fournir en matière première sur des cadavres.



7. Contes et légendes des tribus primitives Tatanka, relevées par le moine-scribe du Travail Angus, frontière nord de Reinheim.


Le présent document est classé hérétique par l'ordre de la Discipline.

Aux alentour de 800 PGC apparut un puissant shaman, appelé Aile-de-Corbeau. C’était un ermite qui vivait en marge des tribus et qui le premier était entré en communication télépathique avec une meute d’hommes-bêtes. Il leur apprit que les hommes les vénéraient et qu'ils n'avaient pas à les craindre. En contre-partie ceux-ci, plus sensibles aux variations climatiques que les humains, lui révélèrent qu'un nouveau grand changement allait survenir. Alors Aile-de-Corbeau, accompagné de l'homme-ours Seh’jeunt’Jons, appela ses frères à se rassembler et à se préparer au prochain Souffle Glacé des Dieux.

Quand la glaciation arriva, les Tatanka réunifiés étaient prêts. Leurs terres devenues absolument invivables, ils traversèrent la Grande Marre de l'Est pour arriver en Europe, en partie à pied sur les larges bandes de glaces qui s'étaient formées, en partie à bord d'embarcations légères. Sur leur nouvelle terre d'adoption le climat était également très rude, mais certains frères aguerris aux climats froids arrivaient à y vivre dans de bonnes conditions et avaient enseigné leur savoir à leurs frères rouges et leurs cousins esprits-qui-vont-debout. Ceux-ci s’avérèrent d’ailleurs d’un grand secours pour la chasse du peu de gibier restant

Comme à cette époque les peuples humains locaux restaient cloitrés dans leurs forteresses ou ne s'en éloignaient guère, les Tatanka n'eurent que peu de contact avec eux. Les hommes-bêtes s'en méfiaient beaucoup et leur montrèrent l'art de la discrétion pour les éviter. Les Tatanka avaient donc le continent pour eux, mais leurs rangs ne grossirent pas pour autant. Ils avaient été partiellement décimés lors de la traversée, et le climat ne se prêtait pas du tout aux explosions démographiques.

Quand les glaces reculèrent, les autres peuples d'Europe sortirent de leurs forteresses. Se fut un sacré choc culturel. Les prêtres du nouveau culte du Pentagode virent en ces hommes sauvages des démons, car ils avaient survécu à la glace sans suivre les Cinq Préceptes. Quant aux Tatanka, ils trouvaient les hommes blancs peu respectueux de la Mère-Terre à creuser partout et à exploiter le sol jusqu'à le rendre infertile. S'en suivit une chasse aux sorcières et les Tatanka furent repoussés dans les Steppes, une zone inhabitée restée plus froide que le reste du continent à cause de vents incessants qui balaient les terres sans relâche. Cela convenait très bien aux indiens qui étaient parfaitement acclimatés à vivre dans un tel milieu.

Après la bataille de 1515 la situation se calma, blancs et rouges commencèrent à faire commerce en bordure des Steppes. Les hommes-bêtes s'étaient à nouveau éloignés de leurs cousins rouges et étaient redevenus des fantômes, répondant rarement à l'appel d'un shaman. Mais pour les blancs ils n'étaient rien d'autre qu'une légende primitive.

Actualité

A cause des persécutions qu’ils subirent, les Tatanka défendent leur territoire et participent souvent à des razzias le long de leurs frontières. Leur cible principale est bien sûr Reinheim, qui n’est pas assez développé pour prendre des mesures radicales face aux pillards. De toute façon ceux-ci n’attaque en général qu’au plus fort de l’hiver quand leurs réserves sont à sec, et les villages frontaliers ne représentent pas un grand intérêt pour la Main du Pentagode. Au norde, le CURSC est épargné car le climat y est encore plus rude et les Tatanka ne s’approchent guère de ses frontières. De plus, les légendes des indiens racontent que des monstres livides enlèvent leurs enfants la nuit tombée aux abords du pays des Petits-Hommes, et donc ils ne dressent jamais leurs camps à proximité.

Depuis que les échanges commerciaux se sont multipliés avec les tribus, les jeunes chasseurs quittent leur famille pour découvrir le monde des hommes blancs. Ils se retrouvent perdus dans les villes et finissent très souvent à mendier pour se payer de l’alcool. Pourtant, d’autres plus chanceux sont engagés comme lutteurs ou comme hommes de main car leur férocité au corps-à-corps fait des ravages. Certains shamans déchus ont également migré pour exercer leurs talents de devins et font la joie de la bourgeoisie. Il n’est donc pas rare de croisé un Tatanka « assimilé » en pays civilisé. Ceux-ci portent en général des vêtements locaux avec quelques colifichets, plumes tribales, maquillages et franges qui rappellent sans conteste leurs origines.

Les Hommes-bêtes

Les hommes-bêtes, ou Esprits-qui-vont-debout, sont une légende très courante des tribus Tatanka. Il s'agirait de créatures mi-hommes mi-bêtes auquels les sauvages prêtent des pouvoirs surnaturels. Selon eux, ils existeraient depuis plus longtemps que les hommes et vivraient encore partout sur le continent, mais comme ils peuvent se transformer en ombre les hommes blancs ne les voient jamais. Un spécimen aurait été abattu par des chasseurs aadleronais il y a quelques années, mais le cadavre était en si piteux état, après être tombé d'une falaise, qu'il est impossible de dire s'il s'agissait réellement d'une de ces créatures de légende ou simplement d'un ermite à la pilosité très développée.


Texte de Raphaël Vuillaume, tous droits réservés. 16.01.2010
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Re: Histoire du monde

Message  Takeyori le 6/4/2011, 09:11

Bon je pense que je dois pouvoir balancer cela ici, c'est le texte ci dessus et les autres nouvelles que l'on peut trouver sur le site !

Ça vous donnera de la lecture en attendant le reste ^^

-> https://dl-eb.dropbox.com/get/STIM/J%C3%A9r%C3%A9my/Livret%20Background.pdf?w=bfba190d&dl=1
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